mercredi 8 février 2012

AG des Hôteliers 2012


AG des Hôteliers 2011

Le 12 janvier 2012, au cours de l'assemblée générale de l'Union Hôtelière, le Président Luc Herry est intervenu pour rappeler l'historique de cette association dynamique du territoire qu'il a présidée pendant 15 ans avant de prendre sa retraite.

"L’association « l’Hôtellerie en Queyras » a été créée le 15 mars 1986 à l’initiative de plusieurs hôteliers qui ont décidé de promouvoir les hôtels du Queyras d’une manière collective et intercommunale.
La promotion existait à l’époque mais elle était communale et sous la responsabilité des offices de tourisme locaux.
Vu la dimension des communes, le peu de moyens attribués aux offices et la création assez récente du Parc naturel régional du Queyras (1977), il paraissait important pour les hôteliers de mettre en place une promotion globale du territoire.

Le premier Président, Charles Priéto (Hôtel Le Serre Lara à Abriès), décida de participer à des salons touristiques sous l’entité « QUEYRAS » avec l’Office de Promotion Touristique du Queyras créé en 1982 par le maire d’Abriès Jacques Mathiau.
Cette association communautaire, chargée de la promotion de tous les prestataires touristiques adhérents aux différents offices communaux, travailla en harmonie avec les hôteliers.
En 1985 une brochure regroupant tous les membres adhérents est éditée par l’OPTQ et un stand Queyras est installé dans les locaux de la Maison des Hautes Alpes à Paris.
En 1986 un panneau représentant une carte du massif et les établissements hôteliers est installée à l’entrée du Parc Naturel Régional du Queyras au lieu dit La maison du Roy.
Une charte de qualité de l’hôtellerie en Queyras est rédigée et une quinzaine d’établissements s’engagent à respecter les critères d’accueil, de confort et de restauration déclinés dans ce texte.
En 1988 une nouvelle brochure est réalisée.

En 1993 le second Président, Jean marie Borel (Hôtel Le chalet de Ségure à Ristolas) réalise une nouvelle brochure qui fait apparaître de manière plus forte le coté Parc naturel régional du Queyras et le côté union des hôtels.

En 1994 une accélération est donnée à la commercialisation des établissements, l’association embauche un commercial, Hervé Baussanne, gérant de l’agence SAFRAN.
Il reçoit un forfait de 50 000 F hors taxes par an avec un allotement linéaire de 10 %.

A partir de juin 96, le troisième Président, Luc Herry (Hôtel La Maison de Gaudissard à Molines) s’applique à insérer les actions de l’association dans les organismes territoriaux (OPTQ, CDT, CCI, PNRQ) et à promouvoir la création des sites internet via www.queyras.com.

Le commercial jette l’éponge au cours de cette assemblée générale car les hôtels sont trop difficiles à vendre.
Dans les années qui suivent le Guillestrois - Queyras se dote d’une centrale de réservation nommée « Guiltour », le Parc naturel régional vote une nouvelle charte dans laquelle est stipulée la mise en place d’un schéma concerté de développement touristique, la notion de tourisme durable est diffusée largement avec la participation active des adhérents de l’association « Hôtellerie en Queyras ».

En juin 1997, certains hôteliers (Le Cognarel, La Maison de Gaudissard et l’Astragale) décident de financer une attachée de presse, Marie Françoise Sabellico, qui est chargée de promouvoir le Queyras et les établissements engagés en invitant des journalistes.
Ces derniers viennent sur le territoire en juin et en janvier et sont accueillis dans les hôtels qui soutiennent la démarche. De nombreux articles paraissent dans la presse, le résultat est remarquable.
Le PNR Queyras fête ses 20 ans et les hôteliers organisent un repas géant sous chapiteau sur le site de Valpréveyre à Abriès.

En 1998 une nouvelle brochure est réalisée et un nouveau logo proposé par Philippe Domenge le graphiste qui travaille pour l’imprimerie Brémond.

En 1999 l’attachée de presse devient celle de l’office de promotion avant de devenir celle du Comité départemental du tourisme des Hautes Alpes en 2004 et cela jusqu’en 2011.
La centrale de réservation Guiltour, décide d’embaucher une commerciale pour le Queyras, Corinne Binet. Vingt hôtels soutiennent l’opération en versant 1000 F par an.

En 2001, elle arrive à générer 47 265 € sur l’ensemble des hôtels. La commission est de 12 %.
Nous décidons de créer un CDRom afin de le diffuser vers notre clientèle puis il est également décidé d’installer un pupitre téléphonique à appels gratuits devant la boutique de Bruno Genan « les croquettes du Queyras ».

L’association est membre de droit de :
l’Office de Promotion Touristique du Queyras,
la centrale de réservation Guiltour,
la commission ski de fond de la Communauté des Escartons,
du syndicat mixte des remontées mécaniques des stations du Queyras,
la commission tourisme du Parc naturel régional du Queyras.

En 2002, l’office de promotion change de directeur et embauche une Directrice, Bettina Matias. Pierre Kovacic a obtenu un poste de Directeur à Mont Genèvre.

En 2004 Métaphore multimédia réalise le site internet de l’hôtellerie en Queyras.

Depuis la création de notre association, les hôteliers vieillissant, ils tentent de revendre leurs établissements car les enfants ou la famille n’aspirent plus tellement à poursuivre ce genre d’activité trop prenante. Mais les hôtels sont difficiles à trouver preneur à bon prix.
Alors, le plus souvent, les hôtels sont vendus à la « découpe » et transformés en appartements pour des résidents secondaires.
Ainsi ont disparu : « La Croix de Juan », « Les Eterlous », « Super 2000 », « le Chalet de Ségure », « La Maison du Roy », « Le relais du Mont Viso », « Le Serre Lara », « Beauregard », « Les Mélèzes », « Le Cognarel », « Le Queyr’de l’Ours », « La Borne Ensoleillée ».
Certains établissements sont tout de même conservés comme « le Graviroche » qui devient « le Chalet de lanza » et « le Monchu » qui devient « la Baïta du Loup » pendant que d’autres sont repris par la génération suivante, « L’Equipe », « La Maison de Gaudissard », « Les Balcons de Combe Rousset », « Coste belle », « Les Chalets du Villard ».

L’association offre en 2006 près de 400 chambres à une clientèle avide de vraie nature et de montagne authentique. Les 22 établissements proposent trois hôtels ***, 15 hôtels ** et 4 auberges confortables répartis dans les 8 villages et les 4 vallées du Parc naturel régional du Queyras. Une nouvelle brochure est éditée afin de véhiculer l’adresse du site internet de l’association (www.hotel-queyras.com).
L’office de promotion embauche un nouveau directeur, Cédric Brunet, pour remplacer Bettina Matias nommée aux Orres.

En 2008, la Communauté de Communes des Escartons du Queyras prend la compétence tourisme. L’association « Office de Promotion du Queyras » est remplacé par un EPIC dont le Comité Directeur est composé de 8 représentants des communes du Queyras et de 7 délégués des prestataires touristiques.

Au printemps 2009, en pleine révision de la charte du PNR Queyras, les hôteliers publient une motion de soutien au label parc naturel régional que certains élus du Queyras ne voudraient pas voir renouvelé. Les débats sont multiples et animés dans les communes, mais en septembre 2009 toutes les communes sauf Vars valident la nouvelle charte du parc.

Une centrale de réservation Queyras est lancée avec pas mal de difficultés. Les hébergeurs préférant rester à la centrale de réservation « Guiltour ». Mais au fil des mois la centrale de réservation de l’EPIC a pris son envol et l’OTQ se structure tranquillement en réussissant à fédérer la presque totalité des prestataires du territoire. L’intercommunalité touristique est sur les rails malgré de nombreuses oppositions qui nuiront d’ailleurs à la réélection en 2011 du Conseiller Général Jean Claude Catala, Président de l’OTQ et fervent partisan de l’intercommunalité.

En juin 2010, le label PNR Queyras est validé par le Premier ministre et la nouvelle charte est applicable jusqu’en juin 2022. La notion d’écotourisme inscrite dans le texte est donc validée et d’actualité.
En septembre 2010, le Queyras est certifié comme territoire protégé par la charte européenne du tourisme durable et le groupe inter-parcs de la Région PACA lance la mise en place du volet 2 de cette charte qui concerne les hébergements du territoire.
Des conventions sont signées entre le PNR Queyras et l’OTQ, ainsi qu’avec l’office de tourisme Guillestre.

Depuis certains établissements ont quitté l’association suite à des dépôts de bilan ou à des rachats pour transformation comme dernièrement « L’astragale » et « Chateaurenard » qui vont être intégré à un complexe hôtelier de 4 étoiles à Saint Véran.

Notre association regroupe 16 établissements, 274 chambres et 782 places en 2012. Nous espérons que le futur hôtel 4 étoiles de 80 chambres adhérera au moment de son ouverture prévue cette année.
Le 15 octobre 2011, Cédric Brunet, est remplacé par une nouvelle Directrice de l'OTQ, Muriel Baleydier et au cours de l'automne une convention est signée entre le PNR Queyras et l'OT Queyras.

Je termine donc mon cinquième mandat, soit 15 ans d’action au service du tourisme et à l’animation de cette Union Hôtelière dynamique et indispensable pour défendre nos points de vue, nos actions et nos établissements.
Je souhaite au nouveau Président ou Présidente et à la nouvelle équipe une bonne entente, une bonne ambiance et de nombreux clients amoureux de notre territoire."

vendredi 12 août 2011

la fête de Gaudissard été 2011

Fête de Gaudissard 2011

Le traditionnel rassemblement de tous les habitants du hameau de Gaudissard a eu lieu exceptionnellement le lundi 8 août à cause de la météo désastreuse.
55 personnes se sont donc regroupées autour d’un apéritif convivial et d’un déjeuner champêtre qui permet de savourer les produits locaux (viandes, fromages, désserts) et les vins biologiques de la cave des Hautes Vignes à Valserre (Hautes Alpes).
Cette année, un seul élu était présent à cette fête de Gaudissard, Monsieur le Maire, Francis Martin, avait prévu de venir la veille et l’ancien Conseiller Général, Jean Claude Catala, qui nous honorait depuis 6 ans de sa présence, était en vacances dans le Lubéron.
Cela n’a pas empêché le Conseiller municipal de Gaudissard, Luc Herry, délégué au PNR Queyras et Vice Président du syndicat mixte de présenter les moments forts de cette année 2010 – 2011.
Il a tout d’abord rendu hommage au Pasteur Bernard Gentil, décédé le 4 septembre 2010 à l’âge de 87 ans, en rappelant qu’il était le créateur de La Maison de Gaudissard. Il avait acheté cette vieille ferme en 1962 pour y ouvrir un centre d’accueil pour les enfants de la DASS. Mais l’accord étant difficile à conclure, il avait créé, après les jeux olympiques de Grenoble en 1968, le premier centre école de ski de fond de France juste avant de lancer l’association nationale de ski de fond (ANCEF).
Luc Herry a ensuite souligné que La Maison de Gaudissard était maintenant tenue par la troisième génération qui continuait d’accueillir les visiteurs amoureux de la montagne protégée. Il en a profité pour présenter aux hôtes le premier gérant de la structure, Roland Preiss, qui a rappelé que Bernard Gentil avait aussi été le moteur de la création de la station de ski alpin de Saint Véran et de Molines et qu’il avait dû trouver des soutiens privés (M. Nogrette) pour mener à bien la création de la station de Molines.
La suite de l’intervention s’est poursuivie sur la présentation de la certification du territoire du Queyras (en octobre 2010) en Italie, de la « charte européenne du tourisme durable » par la fédération Europarc, qui comprend 400 espaces protégés européens.
Le Queyras, qui s’est vu renouveler son label « parc naturel régional » en juin 2010 par le Premier Ministre pour 12 ans, s’inscrit donc maintenant dans cette démarche en affirmant clairement sa position pour un éco-tourisme responsable.
(Applaudissements de l’assemblée)
Luc Herry rappelle ensuite que les nouveaux statuts du syndicat mixte du Parc ont été validés par le Préfet des Hautes Alpes et votés par le Comité syndical du 2 décembre 2010. Ces statuts apportent une petite différence dans la représentativité des différents organismes adhérents au PNR Queyras. Ainsi les communautés de communes du Queyras et du Guillestrois ont maintenant un représentant et les communes du Queyras ont 3 représentants au lieu de 4.
Il souligne la nécessité de défendre la biodiversité et l’agriculture pour contrebalancer le poids du tourisme et les déviances toujours présentes pour urbaniser sans cesse. Les questions fusent à ce moment sur l’installation des nouveaux télésièges, la création de la déviation du Clot la Chalp et de l’implantation de résidences de tourisme sur la vallée des Aigues.
Cela permet d’informer les habitants permanents et les résidants secondaires sur les différents problèmes rencontrés dans le cadre de ces projets.
La déviation du front de neige du Clot La Chalp est une nouvelle fois retardée car le Directeur Régional de l’environnement a pointé plusieurs points non traités comme :
« Le coût des mesures en faveur de l’environnement pas présenté, la concertation locale non réalisée, le résumé non technique très approximatif, la préservation de la qualité écologique du cours d’eau non traitée, les nuisances acoustiques et la pollution atmosphérique non abordées, le Parc naturel régional du Queyras pas contacté… »
Le dossier est donc considéré comme lacunaire et demande a être fortement complété.
La commune de Molines va donc perdre une année de plus, le télésiège ne pourra pas être installé, c’est pour cette raison que Saint Véran implante son télésiège 4 places avec tapis d’embarquement dès maintenant pour une inauguration à Noël 2011. La construction de résidences touristiques au Clot Gauthier ou au Clot la Chalp sont au point mort.
A ce sujet, Luc Herry rappelle l’importance de maintenir un parc locatif dont les propriétaires restent des Queyrassins. Il faut donc stopper les dérives des dernières années qui ont vu des acheteurs extérieurs au territoire utiliser l’espace protégé du Queyras pour réduire leurs impôts et générer des profits.
Il poursuit son intervention en signalant la création du Conseil scientifique du Parc naturel régional en mars 2011. Ce conseil regroupe 25 chercheurs de nombreux horizons dont le Président est Renaud Frossard. Il se réunira 2 fois par an et abordera les sujets de leur choix. Ce qui semble se dessiner actuellement est l’agriculture et le patrimoine.
« Comme je l'avais indiqué lors du CS de janvier les questions relatives à l'évolution récente de l'agriculture et de l'élevage dans le Parc, en relation avec le développement des autres activités, le maintien des paysages (prairies de fauche et alpage notamment) et des patrimoines
(architecturaux, naturels et culturels) me semble pouvoir être un objet de recherche fédérateur. Gilles Bazin. »

Il relate ensuite la réforme territoriale votée par les députés et surtout la réforme de l’intercommunalité avec une réduction massive des communautés de communes. Pour les Hautes Alpes nous passerions, d’après le projet de la Préfète, de 20 communautés de communes à 8 seulement.
Les élus du département ont été obligés de se prononcer avant le 15 juillet dernier et on constate des divergences importantes. Certains élus du Queyras souhaitent se regrouper avec l’Embrunais et d’autres avec le Briançonnais, malgré un vote apparent favorable pour une fusion avec le Guillestrois qui refuse le projet de la préfecture.
La commission départementale de coopération intercommunale devra trouver un consensus entre les multiples avis exposés. Ce schéma devrait être acté par tous les Préfets avant le 31 décembre 2011. A partir du 1er janvier 2012 et jusqu’au 30 juin 2013, viendra le cas échéant l’heure d’imposer les fusions, de dissoudre les syndicats intercommunaux, de rattacher des communes à un EPCI (établissement public de coopération intercommunale). Pour Luc Herry, il paraît plus normal de se regrouper vers le Briançonnais si on regarde l’histoire des Escartons, le vécu politique du Pays du Grand Briançonnais et l’image montagne véhiculé par ces 4 communautés de communes que sont le Briançonnais, l’ Argentérois, le Guillestrois et le Queyras.
(Applaudissements nourris, à nouveau.)
Il aborde ensuite l’expérimentation des vélos à assistance électrique en signalant que cette année la priorité a été donnée aux campings du territoire qui ont donc en réserve 2 vélos chacun. C’est pour cette raison qu’à La Maison de Gaudissard nous ne pouvons proposer cet été qu’un seul appareil en même temps. Ces vélos sont toujours mis à disposition gratuitement. Il suffit de prévoir pour obtenir 2 ou 3 vélos car le camping de Pierre Grosse en possède deux et les Chalets du Queyras, à la Rua, un.
De nombreuses questions suivent à nouveau à propos de la réserve de Ristolas, des sentiers de randonnées, de l’interdiction d’emprunter la brèche de Ruine pour se rendre au lac du Clot Sablé, de la fermeture des gorges du Guil, de l’implantation des molochs à Gaudissard, de la réfection de la route des Adrets, de la création d’une place publique, du remplacement du médecin Françoise Paris qui part le 10 septembre, etc…
La discussion se poursuit ainsi pendant deux heures en grignotant des desserts et en buvant du café ou du génépi.
Avant la fin de la réunion, Luc distribue à chacun des présents (plus de cinquante personnes) la très belle brochure du PNRQ de l’été 2011 en rappelant l’importance de la nouvelle politique de l’éducation à l’environnement portée par les salariés et les élus du Parc. Il rappelle que la Maison de la nature à Ristolas qui s’appelle « l’Arche des cimes » est actuellement ouverte et qu’il ne faut surtout pas la rater !
Il propose aussi à la vente le numéro 82 du courrier du Queyras sur le patrimoine.
20 exemplaires sont ainsi vendus.
L’assemblée n’oublie pas d’adresser une pensée à Françoise Rouquérol, absente pour des raisons de santé, et lui envoie ses meilleurs vœux de rétablissement.

dimanche 20 février 2011

Le tourisme durable

Avant d’aborder la notion de tourisme durable il faut relater les trente glorieuses (de 1945 à 1974) qui ont permis à des architectes et à des promoteurs de bétonner les montagnes pour construire des logements énergivores et implanter des remontées mécaniques à gogo sans se préoccuper de l’environnement et des paysages.

En 1995, sous l’égide de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) la conférence de Lanzarote (Canaries) jette les premiers articles d’un code éthique en matière de tourisme. Les participants constatent que le tourisme est de plus en plus alimenté par les pays riches qui se déplacent vers les pays pauvres sans que l’inégalité qui existe soit quelque peu modifiée.

En France, les urbains en manque de nature, sont de plus en plus nombreux à la recherche de territoires protégés et authentiques. Le mot magique est lâché, l’authenticité va être mise à toutes les sauces à partir des années 95. Le tourisme vert, doux, à la ferme, l’agrotourisme font leur apparition dans les dépliants promotionnels.

Dans les montagnes, l’authenticité légendaire en a pris un coup sur la tête et si les montagnards sont encore là, souvent les financiers sont venus les remplacer pour récolter la mise et profiter de ce qu'il reste de ce patrimoine. La protection de l’environnement, la mise en valeur des paysages, la valorisation des richesses naturelles vont devenir des thèmes porteurs pour attirer les citadins aux sports d’hiver.

Le tourisme durable intègre les objectifs déjà portés par l’Agenda 21 voté au sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992:
1. Prévenir et réduire les impacts territoriaux et environnementaux du tourisme dans les destinations ;
2. Maîtriser la croissance des transports liés au tourisme et ses effets négatifs sur l’environnement ;
3. Encourager un tourisme favorable à un développement local durable maîtrisé par les acteurs du secteur ;
4. Promouvoir un tourisme responsable, facteur de développement social et culturel.

Aujourd’hui, de nombreux touristes sont sensibles à l’impact de leur périple sur la région qui les attire, ils expérimentent de nouvelles formes de voyages. Ils cherchent à être cohérents avec les principes citoyens qu’ils appliquent chez eux, mais aussi à améliorer la qualité de leurs vacances, pour faire du voyage une expérience authentique.

Ils vont donc apprécier de découvrir les savoir-faire locaux (artisanat, bois de construction, architecture…), de goûter aux spécificités locales surtout si elles sont remarquables (produits AOC, produits marqués, alimentation bio etc…).
Ils vont rechercher la qualité d’un patrimoine naturel exemplaire dans des espaces protégés, des parcs naturels régionaux ou des parcs nationaux.

Ils vont privilégier des activités touristiques et de loisirs en harmonie avec la sensibilisation et l’éducation à l’environnement. La question des remontées mécaniques bruyantes et polluantes est montrée du doigt ainsi que la neige de production qui a une certaine tendance à se généraliser malgré les problèmes posés par le détournement de l’eau, la dépense d’énergie nécessaire à la fabrication de la neige et l’implantation des réserves collinaires en pleine montagne.

La recherche actuelle du bien être, d’un cadre de vie harmonieux et de loisirs doux dépassent les simples prestations offertes par les téléskis, les télésièges et le forfait de ski alpin.
La diversification des activités en montagne est de plus en plus importante mais malheureusement beaucoup d’élus ont encore tendance à se focaliser sur le ski alpin et délaissent totalement l’aménagement spécifique à l'été et à l'automne. L’exemple est criant dans le Queyras. Ainsi,quand il s’agit de débloquer 7 ou 8 000 € par commune pour entretenir les sentiers pédestres, véritables patrimoine du territoire. Il faut des heures de discussion et des montages financiers complexes alors que pour implanter un télésiège les élus votent une dépense de 250 000 € en un clin d’œil ! (le nouveau télésiège 4 places de Saint Véran va coûter 4 500 000 euros).

Il faut savoir que la fréquentation touristique en 2009 pour les Hautes Alpes se répartissait de la manière suivante :
46 % en hiver, 43 % en été, 8 % au printemps et 3 % en automne
Alors que les investissements pour l’aménagement des stations de ski alpin se comptent par millions d’euros.

Le tourisme durable est une nécessité pour développer l’activité économique du tourisme en montagne, activité principale source de vie qu’il faut absolument maintenir en la diversifiant au maximum et en arrêtant de privilégier le ski alpin comme les élus continuent à le faire de tous côtés.

La charte européenne du tourisme durable qui vient d’être accordée au territoire du Queyras en été 2010, nous permettra peut-être de lancer la discussion et la réflexion sur toute cette problématique. J’espère au moins que les prestataires touristiques du Parc naturel régional du Queyras seront mobilisés afin d’exercer une dynamique suffisante pour obtenir rapidement un changement des mentalités dans le Queyras.

Février 2011
Luc Herry
Vice Président du PNRQ

mardi 13 avril 2010

Le ski de fond, une passion !

Le Parc naturel régional du Queyras, qui vient tout juste d’obtenir le renouvellement de son label pour 12 ans, a depuis sa création en 1977, toujours soutenu le ski de fond.
Il reste actuellement le moyen le plus évident de découvrir une montagne authentique, une montagne harmonieuse où la nature est promesse d'évasion, de rêve et de découverte.
C’est en 1969, juste après les jeux olympiques de Grenoble que le pasteur de Saint Véran, Bernard Gentil, décida de créer le premier centre école de ski de fond de France à Molines en Queyras, avant de lancer l’association nationale des centres écoles et foyers de ski de fond qui a toujours pignon sur rue à Grenoble et œuvre pour la promotion des activités nordiques.
Il y a donc 40 ans, alors que le ski de fond venait de pointer son existence sur les écrans en noir et blanc de la télévision française, il s’implantait sur le territoire du Queyras et permettait aux citadins à la recherche de vraie nature et de bonheur simple de découvrir une montagne intacte où les hommes conservent les mêmes valeurs d'hospitalité, d'accueil et de chaleur humaine. Une montagne préservée fière de sa diversité.
Les anciens « mordus du ski de fond » avaient fondé un ski club qui organisait des séances de travail technique, de l’entraînement et des randonnées dans les vallées du Queyras. Il y avait le côté sportif et le côté découverte.
Les actions primordiales étaient de promouvoir et coordonner les initiatives tendant à favoriser le développement du ski de fond. Ainsi dans les années 70 deux courses de ski de fond existaient sur le territoire. Une dans la vallée des Aigues à l’initiative de Roland Preiss et Georges Marrou (membres du Ski club Queyras) et l’autre à Abriès, le long du Guil, organisée par Jacques Mathiau et Jacques Villot de l’association ski du haut Queyras (ASHQ)
C’est au sein même du ski club Queyras où se retrouvaient les pionniers du ski de fond qu’est née l’idée de lancer la traversée du Queyras en 1976, épreuve mythique qui pour la première fois ralliait 6 communes dans une dynamique nordique malgré les réticences et les critiques de certains.
Ainsi plus de 30 ans après, cette course connaît toujours autant de succès et regroupe des champions ou des débutants courageux, des jeunes de tous âges, des hommes et des femmes. Elle possède la caractéristique totale d’être une vraie course populaire soutenue par un grand nombre d’élus dont Joëlle Ocana, Maire d’Abriès, ainsi que l’entraîneur principal du ski club Queyras, Henri Ocana.
Ce qui est remarquable, c'est que cette course engendre toujours des nouveaux partenaires et que les jeunes entraineurs du Ski Club Queyras (Arnaud et Nicolas Barbesier , Guillaume Humbert…) ont eux aussi compris que c'était une histoire éternelle et que c'était maintenant à eux de continuer à faire vivre cette manifestation. Il y a dans tout cela quelque chose de troublant qui démontre que le ski de fond et le Queyras c'est vraiment une passion.
Au cours des années 80, après 9 ans d’existence, l’association nationale des centres écoles de ski de fond (ANCEFSF) regroupait 150 structures dont 8 dans le Queyras :
La Maison de Gaudissard à Molines
La Sagne à Saint Véran
La Vie Sauvage à Prats Haut
La Maison de la Nature à Abriès
La Roche Longue à Saint Véran
Peyre Belle à Molines
UCPA de Saint Véran
Hobereau le Cognarel à Molines

La dynamique générée par toutes ces structures allait intensifier l’image d’un Queyras paradis du ski de fond dans un parc naturel régional exemplaire.
Respect de la nature mais aussi respect des hommes qui y vivent et qui la soutiennent.
Les skieurs de fond ont toujours recherché la communication en solo avec une nature intacte et c’est aussi pour cela que les pistes de skating généralisées à outrance ont fini par éloigner les amoureux du ski « talon libre ».
Un outil de développement rural, un mode de loisirs pour tous :
Comme aime le présenter Jean Lou Botta, Directeur de Hautes Alpes Ski de fond.

L’activité ski de fond n’est pas structurée sur un schéma commercial comme le ski alpin pour les raisons suivantes :
Culturelles : avant 1968 le ski de fond n'était pratiqué que par les douaniers ou les militaires. Il ne fallait pas d'outils spécifiques pour préparer les pistes. La pratique était confidentielle.
Sociétales : la vague post-soixante huitarde s'est caractérisée par un retour à la nature, un besoin de grands espaces et le début des années 70 a marqué le développement du ski de fond touristique. Les exigences des professionnels et de leurs clients ont amené à créer et entretenir des pistes.
Après la création du Parc naturel régional du Queyras, l’ONF fut désigné maître d’ouvrage pour tracer des sentiers de randonnées et des pistes de ski de fond sur l’ensemble du territoire avec la participation active de Jean Morel. On voit poindre à ce moment là l’idée d’une redevance financée par les structures de ski de fond sous l’égide de l’association départementale des structures de ski de fond (ADSF) pour participer au damage des pistes.
Dans le Queyras, « Queyras ski de fond » vit le jour sous la Présidence d’Alphonse Moyrand qui porta pendant plusieurs années l’étendard de cette activité hivernale, soutenue par le District Queyras, l’émanation de la future communauté de communes dont le Président était Siméon Michel (Maire de Molines).
La loi montagne votée en 85 autorisa réglementairement la perception de la redevance pour tous les pratiquants sous le contrôle d’associations départementales de ski de fond.
A partir de cette date, les départements et les collectivités locales ont pu se structurer. Partant du principe que l'on ne pouvait pas faire payer le coût réel des frais engagés et dégager des recettes supplémentaires pour les investissements futurs, ce sont les associations soutenues par les communes ou les communautés de communes qui ont pris en charge l'organisation du ski de fond.

Avec les années 90 le ski de fond se ressource, les clients changent, les organisateurs de tourisme s’adaptent, les pratiques évoluent et enrichissent l’activité.
On voit apparaître clairement 2 techniques qui correspondent souvent à des motivations différentes. La technique classique correspond à celle « ancestrale » de l’alternatif, dans la trace ou les rails. Technique de base obligatoire pour la promenade hors trace mais aussi geste Auguste du fondeur par excellence, « l’alternatif » va connaître une période difficile car concurrencé sauvagement par la nouvelle technique dite « libre » ou plus communément appelée « skating ».

Au cours des années 2000, on peut dire que les techniques spécialisent les usagers des pistes du Queyras. On fait du ski de fond en alternatif, on fait du Skating par ailleurs…..
Mais les touristes, amoureux de la nature, des balades en forêt ou le long des torrents préfèrent de loin les pistes plus étroites moins artificielles.
Ce qui n’empêche pas chaque génération de construire un champion, les Martin, Barthélemy, Goalabré ont portés les couleurs nationales, ils sont tous issus du ski club du Queyras. En tout cas un pays qui génère aussi souvent des champions recèle des qualités profondes, et du coup ce sont tous les habitants qui regardent le « fond » différemment.


Economiques : mais les recettes générées par la perception de la redevance (la vente des " forfaits ") ne dégagent pas suffisamment de recettes. Les frais engagés pour le traçage sont élevés. Aucune structure privée ne prendra le marché en main car les problèmes sont multiples : coût du damage, étendue des domaines, absence de maîtrise du foncier, problèmes de sécurité. L'ensemble de ces raisons à conduit les collectivités locales à structurer et gérer l'organisation du développement du ski de fond ainsi que la sécurité des pistes (arrêté de sécurité dont la commune de Molines fut la deuxième en France à l’exemple de Bessans).

Une fonction sociale :
Le ski de fond participe complètement au développement rural des espaces montagnards. C’est pourquoi, malgré les déficits qu’il engendre, ceux-ci sont compensés par les collectivités locales, donc par l’impôt. Les effets induits sont importants.
Le ski de fond a pour vocation de générer une économie mais c’est surtout un outil de développement adapté aux régions qui cherchent à échapper au tourisme industriel. C’est d’ailleurs le cas de la région Provence Alpes Côte d’Azur qui soutient totalement les activités nordiques sur les espaces de montagne de son territoire.
Mais il n’y a pas d’activités nordiques sans tourisme. L’organisation doit se penser en zones et non plus en kilomètres de pistes. Ce qui compte de nos jours c’est la qualité et la diversité des réseaux, les thèmes de découverte, les espaces ludiques.
Les sites nordiques ne vendent pas la libre circulation dans un espace de montagne, ce qui est proposé ce sont des services qu’il faut couvrir par une redevance plus ou moins élevée en fonction de l’utilisation et du statut du « client », fondeurs, marcheurs à raquettes ou simples piétons. La création de l’espace nordique du Jamberoute à Arvieux est un exemple intéressant d’organisation d’activités nordiques dans le Queyras.
Face aux mutations profondes du marché, il faut sortir rapidement du système de pistes grand format, souvent inadaptées aux belles forêts de mélèze, pour le seul plaisir de quelques sportifs « avaleurs de kilomètres » et répondre à la demande d’une clientèle familiale à la recherche de plaisirs simples dans la tranquillité d’une montagne préservée.

Luc Herry
Administrateur du PNRQ
Administrateur de l’ANCEF

mercredi 25 novembre 2009

Aménagement du territoire du PNRQ

Aménagement et histoire du territoire


Le Queyras, territoire de haute montagne, qui aurait pu apparaître comme répulsif aux habitants des vallées, a pourtant été fortement peuplé, puisqu’il abritait près de 8 500 habitants en 1830.
Suite à l’exode rural, après la dernière guerre mondiale et aux inondations de 1957, la population est descendue à 1 800 habitants en 1962.
De nos jours la vitalité démographique du massif est principalement due à l’arrivée d’une population de jeunes attirés par l’économie touristique et toutes les activités qui en découlent.
L’équilibre est actuellement atteint depuis une dizaine d’années et le Queyras compte environ 2 500 habitants permanents.

L’organisation des villages n’était pas seulement un agglomérat de constructions multiples mais une véritable communauté. Situé à proximité de ses terres de culture, chaque hameau administrait et possédait ses chemins, ses canaux d’arrosage et ses édifices collectifs.
Chacun avait son propre quartier de pâturages d’altitude et ses chalets.
Chaque commune du Queyras n’était en réalité qu’un assemblage, une véritable fédération de communautés paysannes.
Dès qu’ils atteignaient une certaine taille, les différents villages de la commune étaient eux-mêmes divisés en quartiers. L’exemple le plus célèbre est celui de Saint Véran, divisé en 5 quartiers entre lesquels s’intercalait un espace suffisant pour éviter la propagation du feu.
Les habitants des quartiers se réunissaient en assemblée, élisaient leurs syndics ou procureurs, entretenaient par corvées les canaux, les chemins et géraient les alpages.
La règle de base était le regroupement. Il n’existait pas d’habitation isolée.
Un certain nombre de critères fondamentaux devaient être pris en compte :
Se protéger des inondations et des avalanches, s’exposer au soleil et prendre le moins possible de terres agricoles.
Après la seconde guerre mondiale il faut se mobiliser pour résister à l’exode rural et ce n’est pas l’élevage bovin laitier ni les troupeaux de brebis qui apportent un revenu suffisant aux paysans.
Aussi les milieux agricoles des Hautes Alpes considèrent comme prioritaire le problème de la modernisation de l’agriculture de montagne. Considérant, comme l’avait exprimé Raoul Blanchard, géographe et spécialiste des Alpes à la faculté de Grenoble, que le Queyras était « l’expression parfaite d’une vallée de montagne », les services du ministère de l’agriculture choisissent ce secteur comme lieu d’expériences.
Le territoire devient « zone témoin ».
L’une des actions la plus efficace fut incontestablement la diffusion de la motofaucheuse qui fauchait 7 à 8 fois plus vite qu’un homme ! (le nombre de 200 motofaucheuses fut atteint en 1955).
Un autre soutien plus discutable fut la divulgation d’engrais chimiques offerts aux agriculteurs une première année mais payables ensuite si bien que l’opération ne se généralisa pas tout de suite.

Les inondations de juin 1957 viennent stopper brutalement toute cette dynamique de modernisation. Les ponts furent emportés, les moulins détruits, les terres labourables remplacées par des tas de gravats, le réseau d’irrigation totalement dévasté.
La zone témoin disparaît comme par enchantement. La « désespérance » s’empare des hommes et des femmes qui refusent de quitter le Queyras.
Entre 1955 et 1962 le territoire perd 18 % de ses exploitations agricoles et 22 % de sa population.

Dans les années 60, deux personnages vont lancer le Queyras vers l’option touristique.
Bernard Gentil, pasteur et agriculteur à saint Véran depuis 1951,
Philippe Lamour, Président de la Commission nationale de l’aménagement du territoire, élu maire de Ceillac en 1965.
En défendant un tourisme soucieux des hommes et respectueux des sites ils impulsent une dynamique qui permettra aux agriculteurs de se maintenir et aux habitants de vivre et travailler au pays.
La décision est prise d’équiper la montagne en douceur avec des téléskis mais en évitant l’arrivée de promoteurs extérieurs à la recherche de profits immédiats. Il est demandé aux familles possédant des fermes de transformer une partie des bâtiments en « gîtes » pour accueillir les touristes.
A cette époque la doctrine du ministère du tourisme reposait essentiellement sur la création de stations de skis sans base sociale locale (Mont Genèvre, Courchevel, Les Arcs…).
L’entretien de la montagne devrait alors reposer sur quelques habitants, jardiniers spécialisés.
Dans le Queyras, le choix est différent avec la création d’un SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples) d’où émanent les SICA Sports (société d’intérêts collectifs agricoles) qui gèrent les remontées mécaniques et la SICA habitat qui propose des logements touristiques.
L’objectif de la SICA d’aménagement était de constituer rapidement un parc de logements banalisés assez important pour assurer une fréquentation suffisante des remontées mécaniques participant ainsi au renouveau économique du Queyras.
Comme ce développement devait être conduit par et pour la population locale, les statuts de la SICA stipulaient que le patrimoine immobilier constitué par la SICA reviendrait aux propriétaires qui apportaient leurs terrains et cela au prorata de leurs apports.
Le Queyras s’ouvrait au tourisme et par là même allait stopper l’exode rural.

La création du parc naturel régional du Queyras en 1977, grâce à la détermination permanente de Philippe Lamour, allait concrétiser officiellement cette démarche.
« Le parc naturel régional se veut soucieux d’associer l’indispensable rénovation économique et sociale de la région avec la sauvegarde et la mise en valeur du milieu naturel et humain ».
Il déclarait déjà, en 1971, « qu’une structure de ce type permettrait de maintenir une population et le développement de ses activités dans un espace organisé et protégé afin de constituer un élément attractif pour l’accueil du visiteur et l’expansion de l’activité touristique ».
L’agriculture et le tourisme semblent à priori bien se compléter.
Les agriculteurs et les artisans peuvent vivre à l’année sans avoir besoin de quitter le territoire pendant les mois d’hiver.
Le Président de la République, V. Giscard d’Estaing dans son discours de Vallouise en 1977 disait : L’agriculteur est le meilleur gardien de la montagne, si le désert s’accroît, l’attrait touristique diminuera ». Il officialise de fait la double activité.
« L’effort de l’état se portera dorénavant vers un tourisme de montagne intégré aux autres activités ».
A leur arrivée au pouvoir, les socialistes en 1981, décidèrent de modifier l’état d’esprit qui existait à propos de la montagne sous l’impulsion du ministre C. Bresson.
Le député de Briançon, R. De Caumont déclara à l’assemblée nationale :
« Victime d’un processus de type colonial, la montagne s’est réduite à une fonction d’espace de jeu. Il faut dès maintenant instaurer un développement équilibré, diversifié, conçu et maitrisé par chaque commune, chaque vallée. L’ère du béton roi et des paquebots des neiges est révolue ».
En 1982, on parle d’auto-développement de la montagne prenant en compte tous les aspects de la vie locale et surtout l’officialisation de la pluriactivité.
La loi montagne est votée en 1985.
« La montagne couvre 1/5ème du territoire national et joue un rôle écologique irremplaçable : réservoir hydrologique, agriculture et sylviculture spécifique, réserves biogénétiques. Cet espace doit lutter contre des agressions nombreuses, soit naturelles (érosion des sols, glissements de terrains, avalanches) soit des aménagements industriels ou touristiques.
Ces aménagements de type touristiques doivent se faire en continuité avec l’existant c'est-à-dire en « hameaux nouveaux intégrés à l’environnement » ou en « Unité Touristique Nouvelle » conformément à la règle d’urbanisation en continuité avec les constructions existantes.
Notons que les Alpes font l’objet d’une protection internationale grâce à la Convention pour la protection des Alpes adopté le 7 novembre 1991 à Salzbourg et entrée en vigueur le 6 mars 1995. Elle regroupe tous les pays concernés (Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Suisse, et Slovénie).
La France a ratifié cette convention alpine le 30 novembre 1995.
Des instruments juridiques déjà en application sont remis au goût du jour.
Les Associations foncières pastorales (AFP), permettant une unité de gestion des terres à vocation pastorale donnent la possibilité de louer des terres à des agriculteurs démunis et répartissent les gains entre les membres de l’association. Elles peuvent même parfois offrir la gratuité aux éleveurs de la commune.
Les groupements pastoraux (GP) regroupent les agriculteurs qui utilisent les mêmes pâturages et leur permettent de signer collectivement des conventions de pâturage en cohérence avec les diagnostics environnementaux.
Ces solutions assez souples ne touchent pas à la propriété individuelle et semblent très faciles à développer. Elles peuvent être associées à des mesures d’amélioration foncière et de plan de protection environnementale comme les zones d’agriculture protégée (ZAP).

C’est dans le domaine de l’intégration Agriculture – Tourisme que vont se jouer les enjeux principaux de demain.

A l’heure actuelle, la régie ski des stations du Queyras a du mal à équilibrer ses comptes et certains élus remettent en cause le modèle de développement choisi dans les années 70, où il avait été décidé qu’agriculture et tourisme devaient se nourrir mutuellement.
Une idée simpliste semble les habiter : « pour éviter le déclin du tourisme, il faut augmenter les capacités d’hébergement et confier les constructions à des promoteurs et la commercialisation à des organismes extérieurs véritables marchands de vacances ».
Le Queyras devrait plutôt utiliser son avance en matière de protection de l’environnement et des paysages.
Ainsi, les prestataires touristiques devraient accroître leur communication sur les activités de pleine nature au sein d’espaces protégés d’altitude pour sortir du « tout ski alpin » qui a tendance à saturer les paysages.
Les hébergeurs et restaurateurs devraient accentuer la vente de produits locaux à circuit court pour répondre à la demande de la clientèle mais aussi pour coller à la démarche déclinée dans la charte européenne du tourisme durable.
Les agriculteurs devraient se mobiliser pour produire des biens de qualité en quantité suffisante pour répondre à la demande. Un exemple: si tous les hôtels, les gîtes, les restaurants et les centres de vacances du Queyras proposaient des pommes de terre d’altitude, il en faudrait 60 tonnes ; or la production est actuellement limitée à 5 tonnes !
Soutenir les circuits courts, c’est aussi participer à la réduction du bilan carbone demandée par le Grenelle de l’environnement et créer un véritable réseau d’accueil.

Le Parc naturel régional du Queyras dans son projet de charte, présenté à l’enquête publique en mai 2009, s’engage sur deux objectifs majeurs : d’une part la préservation et la valorisation des patrimoines naturels et culturels synonymes d’une haute qualité environnementale et d’autre part assurer le maintien des activités économiques traditionnelles en accentuant l’innovation et l’expérimentation pour sortir petit à petit de la « monoculture touristique ».

Le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, quand il demande de résorber le mitage et de préserver les prairies de fauche, s’appuie sur l’histoire même de notre territoire.
Il est important que les acteurs du développement et que les élus aient encore à l’esprit la philosophie défendue par nos aînés.


Luc Herry

Président de l’Union Hôtelière du Queyras
Administrateur du PNRQ